Walk The Line
Lise Chevalier and Wolfram Hahn
Galerie AL/MA, Montpellier, June-July 2009
Showing an installation of Anonymes Monument

A la fois descriptif et impératif, Walk the line (marche-r- sur la ligne) présente différentes séries de photographies réalisées par Lise Chevalier et Wolfram Hahn. Dans leur travail, ils explorent des territoires - mémoire et espace - et encouragent le spectateur à en occuper l’intérieur et à en saisir les limites. Dans chacune de ces séries, un espace se transforme en un lieu particularisé : la réalité indéfinie de l’espace public devient singulière, y révélant de nouvelles possibilités et des significations jusqu’alors ignorées.
Anonymes Monument (Monument Anonyme) de Lise Chevalier présente un monument construit par l’artiste durant deux jours, en janvier 2009 à Berlin. Ce travail est constitué de photographies de détails du monument original, accompagnés d’un texte racontant le processus de l’action et comment, au cours de ce processus, les spectateurs, surpris, ont questionné cet événement.
Comme l’évoque le texte, le monument devient l’occasion de réflexions personnelles des passants circulant autour du lieu dans une attitude contemplative.
Dans la salle d’exposition, les photographies se déploient tout au long des murs ; au dessous, le texte en redouble le parcours, invitant le spectateur à marcher lui aussi sur la ligne (walk the line) et à re-vivre le mo(nu)ment. Dans ce travail de Lise Chevalier, l’espace devient un territoire spécifique : si le lieu de l’action est contextualisé par les photographies, le texte, comme une longue ligne continue, intervient sur le sens du travail et modifie la perception qu’en a le visiteur.
Dans la série de photographies Wellington Pompidou -sur la mezzanine de la galerie-, Wolfram Hahn présente des gazoducs traversant les collines de la ville de Wellington, en Nouvelle Zélande.
Photographiés en juin 2008, les tuyaux de ces gazoducs sont identifiables par l’apparition ponctuelle de la couleur bleu ou plus simplement par leurs structures et leurs emplacements. Servant à produire énergie, chaleur et sécurité, les gazoducs expriment un symbole de fonctionnalité, tout en évoquant également l’idée de danger potentiel : si la stabilité de leurs structures est légèrement modifiée, une menace est imminente.
Avec ces images, le visiteur de l’exposition revient sur les pas de Wolfram Hahn. En
« marchant sur la ligne » du travail de Wolfram Hahn, l’ordinaire devient quelque chose d’extraordinaire, aux limites incertaines entre confort et menace.
Egalement incluse dans l’exposition, une autre série de photographies (sans titre) de Wolfram Hahn représente des lieux abandonnés, délabrés, du centre de Berlin. Apparemment sans propriétaire, ces espaces sont utilisés et réappropriés par la présence d’une personne à peine visible.
Comme dans Anonymes monument de Lise Chevalier, le lieu photographié se définit comme lieu d’une action, déplaçant un espace indéterminé vers un territoire spécifique grâce à ce moment particulier proposé au spectateur. Un individu invisible et anonyme est devenu le propriétaire de cet espace dans lequel il est montré, soulevant la question : qui est « la persona non grata », la personne qui n’est pas la bienvenue ?
L’identité de l’intrus dans le travail de Wolfram Hahn est posée comme variable et ambiguë : si la personne photographiée semble, au premier abord, malvenue, dans un second temps, ce sont, au contraire, le photographe et le spectateur qui marchent potentiellement sur le territoire d’un autre et en modifient la réalité et les limites.

Texte : Maia Gianakos

Walk The Line
Lise Chevalier and Wolfram Hahn
Galerie AL/MA, Montpellier, June-July 2009
Showing an installation of Anonymes Monument

A la fois descriptif et impératif, Walk the line (marche-r- sur la ligne) présente différentes séries de photographies réalisées par Lise Chevalier et Wolfram Hahn. Dans leur travail, ils explorent des territoires - mémoire et espace - et encouragent le spectateur à en occuper l’intérieur et à en saisir les limites. Dans chacune de ces séries, un espace se transforme en un lieu particularisé : la réalité indéfinie de l’espace public devient singulière, y révélant de nouvelles possibilités et des significations jusqu’alors ignorées.
Anonymes Monument (Monument Anonyme) de Lise Chevalier présente un monument construit par l’artiste durant deux jours, en janvier 2009 à Berlin. Ce travail est constitué de photographies de détails du monument original, accompagnés d’un texte racontant le processus de l’action et comment, au cours de ce processus, les spectateurs, surpris, ont questionné cet événement.
Comme l’évoque le texte, le monument devient l’occasion de réflexions personnelles des passants circulant autour du lieu dans une attitude contemplative.
Dans la salle d’exposition, les photographies se déploient tout au long des murs ; au dessous, le texte en redouble le parcours, invitant le spectateur à marcher lui aussi sur la ligne (walk the line) et à re-vivre le mo(nu)ment. Dans ce travail de Lise Chevalier, l’espace devient un territoire spécifique : si le lieu de l’action est contextualisé par les photographies, le texte, comme une longue ligne continue, intervient sur le sens du travail et modifie la perception qu’en a le visiteur.
Dans la série de photographies Wellington Pompidou -sur la mezzanine de la galerie-, Wolfram Hahn présente des gazoducs traversant les collines de la ville de Wellington, en Nouvelle Zélande.
Photographiés en juin 2008, les tuyaux de ces gazoducs sont identifiables par l’apparition ponctuelle de la couleur bleu ou plus simplement par leurs structures et leurs emplacements. Servant à produire énergie, chaleur et sécurité, les gazoducs expriment un symbole de fonctionnalité, tout en évoquant également l’idée de danger potentiel : si la stabilité de leurs structures est légèrement modifiée, une menace est imminente.
Avec ces images, le visiteur de l’exposition revient sur les pas de Wolfram Hahn. En
« marchant sur la ligne » du travail de Wolfram Hahn, l’ordinaire devient quelque chose d’extraordinaire, aux limites incertaines entre confort et menace.
Egalement incluse dans l’exposition, une autre série de photographies (sans titre) de Wolfram Hahn représente des lieux abandonnés, délabrés, du centre de Berlin. Apparemment sans propriétaire, ces espaces sont utilisés et réappropriés par la présence d’une personne à peine visible.
Comme dans Anonymes monument de Lise Chevalier, le lieu photographié se définit comme lieu d’une action, déplaçant un espace indéterminé vers un territoire spécifique grâce à ce moment particulier proposé au spectateur. Un individu invisible et anonyme est devenu le propriétaire de cet espace dans lequel il est montré, soulevant la question : qui est « la persona non grata », la personne qui n’est pas la bienvenue ?
L’identité de l’intrus dans le travail de Wolfram Hahn est posée comme variable et ambiguë : si la personne photographiée semble, au premier abord, malvenue, dans un second temps, ce sont, au contraire, le photographe et le spectateur qui marchent potentiellement sur le territoire d’un autre et en modifient la réalité et les limites.

Texte : Maia Gianakos